
En France, les médias jugent sévèrement – comme ils le font systématiquement – les nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump.
La sentence tombe : Trump est fou ! Et incompétent !
L’Union européenne panique et semble prise au dépourvu. Pourtant, tout était écrit noir sur blanc dans le programme de Donald Trump.
Il est vrai que les dirigeants européens, notamment français, n’ont pas l’habitude que l’on respecte les promesses faites, une fois élu !
En réalité, Donald Trump n’est pas fou, il est même consistant :
- Avant sa campagne, il a posé des diagnostics sur l’état des Etats-Unis.
- Pendant sa campagne, il a conçu et présenté un programme.
- Une fois élu … il l’applique !
Incroyable !
Il avait fait toute sa campagne contre le wokisme et, arrivé à la Maison Blanche, il a signé décrets sur décrets pour interdire tout ce qui, de près ou de loin, était « woke ».
Il trouvait insupportable les dépenses de l’Etat et il a confié à Elon Musk une hache – le fameux DOGE (Department Of Gouvernment Efficacity) – pour tailler dans ces dépenses.
Et sa première cible fut l’Agence pour le développement (USAID), dont les fonds avaient été largement détournés par le parti démocrate.
Sur le plan économique, Donald Trump n’oublie pas ses électeurs de la classe moyenne qui ont été victimes de la mondialisation et de la désindustrialisation des Etats-Unis.
Ces augmentations de droits de douane et ces incitations à investir sur le sol américain sont les moyens qu’ils proposent pour inverser la tendance.
Avant que les dirigeants européens – et particulièrement Macron – comprennent que l’Europe a été victimes des mêmes maux, l’Europe aura été marginalisée économiquement.
Voici un article de Boulevard Voltaire qui dénonce cet aveuglement des élites européennes :
Droits de douane : Trump met Macron
et les gentils mondialistes au pied du mur
Dans le retour au galop des frontières, Donald Trump franchit un nouveau pas. En augmentant massivement les droits de douane sur les produits fabriqués à l’étranger et qui entrent sur le territoire américain, le président américain met les doux rêveurs d’un monde sans frontières au pied du mur.
Washington l’a annoncé cette nuit du 2 au 3 avril, à près de 23 heures, heure française. L’UE a très mal négocié sa partition : les Etats-Unis vont taxer les produits européens à hauteur de 20 % ! C’est mieux que les produits venus de Chine, l’ennemi déclaré, dont les produits seront taxés, eux, à 34 %, mais c’est moins bien que les produits anglais qui ne subiront que 10%.
Nous sommes gentils, nous sommes bons, et nous n’imposerons que la moitié des taxes qu’on nous a appliquées,
ronronne Donald Trump. Combien les Etats-Unis vont-ils percevoir de droits de douane supplémentaires ? Réponse inconnue à l’heure où nous écrivons.
Ce qui est sûr, c’est que ce monde sans droits de douane, qui a consciencieusement ruiné des secteurs économiques entiers en France – de l’agriculture à la sidérurgie en passant par le textile et l’automobile, en cours de destruction rapide -, nous livre donc pieds et poings liés et sans défense au premier dirigeant désireux de protéger son pays du dumping. C’est précisément la politique menée par la Suisse (pour les produits agricoles, notamment), avec un succès certain. La France, comme d’habitude pétrie d’idéologie, s’est dressée contre cette pratique.
Jérémiades de Jean-Noël Barrot
Sur la ruine des frontières assumée et souhaitée par les apôtres de la mondialisation, type Jacques Attali, et mise en œuvre avec application par Emmanuel Macron, la guerre des droits de douane qui s’intensifie aujourd’hui risque de détruire ce qui tenait encore : nos rares secteurs exportateurs. Le champagne, le cognac, vendu à 90 % à l’export, certains produits agricoles, les avions d’Airbus, par exemple, survivaient : ils vont, eux aussi, désormais passer au laminoir américain. Lestés de droits de douane insupportables, ils ne se vendront plus (ou nettement moins) au pays de Donald Trump, où le consommateur choisira d’autres produits, moins chers. Bienvenue au vin pétillant argentin en lieu et place du champagne, par exemple. Ceux qui ont cru construire le paradis des Bisounours sans frontières ont patiemment aménagé un enfer destructeur.
Il faut lire sur X les jérémiades de l’inénarrable Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères imposé par Macron à Bayrou. Il souhaite que les États-Unis ne touchent pas à leurs droits de douane « parce que les droits de douane sont un impôt sur les classes moyennes » américaines qui s’appauvriraient. Vraiment, le champagne, le cognac ? Un impôt sur les classes moyennes ? « L’économie américaine a un besoin vital de l’économie européenne », clame Barrot. Faux, on le verra très vite. « Les GAFAM réalisent un quart de leur revenu en Europe. » Et, donc ? On les en chassera ? Enfin, « la Commission européenne n’aurait d’autre choix que de répliquer avec les instruments puissants de défense commerciale dont elle dispose. » Mais lesquels ?
La zone euro à la ramasse
L’économiste Christian Saint-Étienne explique très bien comment la France s’est désindustrialisée, comment la Chine bafoue les règles et se joue de notre naïveté pour exporter chez nous, accède à nos marchés publics alors que l’inverse est impossible. « La zone euro est en réalité la zone de non-croissance de la planète », déplore-t-il, chiffres en main, dans un entretien exceptionnel et passionnant à Boulevard Voltaire. « Nous avons des élites qui ne comprennent pas le monde dans lequel nous sommes, et c’est pour cela que nous avons tant de mal à redresser la barre», estime Saint-Étienne. Les vins et alcools pèsent 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’exportation, mais les Allemands se débrouillent pour faire porter à la France et à son secteur viticole une grande partie du poids des mesures de rétorsion américaines… Ce grand économiste français préconise « une politique de souveraineté sur le plan commercial » et une révision complète de la politique de l’UE qui doit devenir un concert des nations, « surtout pas sous le contrôle de la bureaucratie européenne ! »
On peut sans grand risque prédire le dénouement du bras de fer douanier UE-USA : la France comme l’UE, appauvries, exsangues, engagées dans une guerre coûteuse en Ukraine et championnes du monde des dépenses sociales, seront contraintes de… gaver de subventions les rares secteurs économiques qui tenaient encore et qui exportaient.
Élu par les Français qui se considèrent comme raisonnables et sensibles à l’économie, Macron l’Européiste livre au réalisme américain un pays et un continent sans défenses, sans frontières, dénervés, qui n’en finit plus de payer ses errements idéologiques en constatant les chiffres du déclin. Il est temps de bousculer ce système mortifère.
Marc Baudriller pour Boulevard Voltaire.




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