Voyage en Belgiquistan (2)

Publié par le 25 Mar, 2025 dans Blog | 0 commentaire

Voyage en Belgiquistan (2)

Voici la deuxième partie du reportage du Figaro Magazine consacré à l’islamisation avancée de la Belgique.

La première possible est disponible ici.

Voyage en Belgiquistan :

Partie 2 – La logique clientéliste

Peter est Belge. Fier de l’être, il porte son accent du cru, son humour caustique et l’autodérision comme un étendard. Ancien éducateur, son sourire pourtant s’efface lorsqu’il évoque les souvenirs de son ancien métier. Peter a travaillé à Boom et Malines, des villes situées entre Anvers et Bruxelles. L’homme dit avoir jeté l’éponge, écœuré par les méthodes, les non-dits et l’aveuglement des politiques locaux qui ont d’abord, selon lui, répondu à une logique clientéliste.

Il dénonce sans détour « quarante années de laisser-aller et de laxisme ». Fils de syndicaliste, engagé et biberonné aux valeurs de gauche, l’homme dit avoir été ostracisé, dans son milieu professionnel, en raison des nombreuses critiques qu’il aurait osé exprimer publiquement. « Lorsque je travaillais à Malines, ma mission consistait, entre autres, à revitaliser les quartiers populaires en proie à la drogue et la pauvreté. Le problème, explique Peter, c’est que la politique des grands frères était à l’œuvre. Ces gens issus des mêmes quartiers ont déjà un esprit “frérisé” ou “salafisé” et influencent les plus jeunes sur qui ils ont un ascendant. »

Sur le drapeau de la ville une kalachnikov est apposée à côté d’un drapeau palestinien. Nadjet Cherigui

La désillusion de Peter commence lors de sa toute première expérience, au sein d’un centre chargé d’accueillir des migrants pour les guider dans un processus d’intégration : « Nous devions leur expliquer le fonctionnement de nos institutions, de la société belge. Ma toute première réunion avec ce public de primo-arrivants, majoritairement de confession musulmane, s’est tenue en pleine période de ramadan  et j’ai été choqué lorsque au moment de la pause déjeuner, alors que j’avais un sandwich et un café en mains, des membres de l’équipe m’ont demandé de me cacher pour ne pas heurter ces gens. C’est incroyable ! »

« Ils exigeaient de me soumettre à une religion. Ce n’est pas sur cette base que nous devons accueillir les immigrés. On doit leur expliquer les principes de notre pays, ceux de la démocratie, de la liberté et du respect des différences. Seul le directeur de la structure m’a timidement soutenu. Nombre de membres du bureau, de confession musulmane, ont fait en sorte que je sois viré. » Ses positions fermes lui ont valu d’être soupçonné et accusé par d’anciens collègues de racisme et d’hostilité à l’endroit des musulmans.

Virage politique

Écœuré, il trouve un emploi dans une autre ville. À Boom, il devient travailleur de rue. Il arpente le macadam à la rencontre des jeunes en particulier ceux qui oscillent entre délinquance et désœuvrement. « La ville socialiste faisait face à un phénomène d’augmentation de la violence. Ils avaient besoin de personnes capables de nouer un dialogue… Ça tombait bien, j’ai aussi été un gangster », s’amuse Peter. Sur le terrain, il croise souvent un certain Fouad Belkacem. L’homme, très présent auprès des jeunes, est connu par la justice belge en raison de ses accointances avec les réseaux islamistes et djihadistes.

« Je l’avais déjà vu auparavant, raconte Peter, mais quelque chose avait changé chez lui. Il s’était laissé pousser la barbe. Nous avions l’habitude de parler de sport, mais il n’évoquait plus que la religion. Il expliquait aux jeunes qu’il fallait pendre les homosexuels, justifiait la lapidation des femmes adultères, remettait en question les programmes scolaires, notamment en biologie et en histoire. Un jour, il s’est permis de critiquer la décence de ma tenue car je portais un short sur un terrain de foot. J’ai trouvé ça tellement grotesque que je lui ai tiré la barbe comme on le fait au père Noël. Il n’a pas aimé. »

Fouad Belkacem de Sharia4Belgium donne une conférence de presse pour défendre le port du voile intégral. NICOLAS MAETERLINCK / AFP

Le sens de l’humour et de la dérision de Peter atteint ses limites lorsqu’il est témoin du virage politique de l’individu et de son entourage, devenus des figures locales influentes. Fouad Belkacem a rejoint Sharia4Belgium. Cette organisation djihadiste prônait la fin de la démocratie et l’avènement d’un État islamique dans le pays. « À l’époque, entre 2004 et 2006 avant qu’il ne s’engage politiquement, j’ai signalé la dangerosité de son comportement auprès de la mairie de Boom. Les politiques locaux m’ont demandé de faire le dos rond car attirer l’attention sur le sujet ne ferait, selon eux, qu’encourager les votes pour l’extrême droite. J’étais outré. Les familles nous faisaient confiance et nous devions détourner le regard pour abandonner ces enfants et ces ados à des gens dont l’idéologie est dangereuse. »

Fouad Belkacem représente une telle menace qu’il sera condamné à de nombreuses reprises, la dernière fois à douze ans de prison et à la déchéance de la nationalité belge pour avoir notamment été un acteur dans le recrutement de combattants djihadistes. Sharia4Belgium a été dissoute en 2012 pour incitation à la discrimination et à la haine. Certains de ses membres se sont évaporés en Syrie.

A suivre …

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