
Voici la troisième partie du reportage du Figaro Magazine consacré à l’islamisation avancée de la Belgique :
Jours tranquilles à Molenbeek
Voyage en Belgiquistan :
Partie 3 – Un contre-exemple pour la France !
Complexité
« La France devrait regarder ce qu’il se passe chez nous, insiste Peter. Nous avons pris de l’avance mais vous ne serez pas épargnés par ce phénomène. Ici, les listes communautaristes comme celle de Fouad Ahidar émergent dans le paysage politique. C’est dangereux. » Fouad Ahidar était membre de Vooruit, le Parti socialiste flamand. Il en a été exclu en 2022 pour avoir refusé de condamner l’abattage rituel. Aux législatives de juin, sa Team Fouad Ahidar, le nom du parti qu’il a fondé, a remporté trois des dix-sept sièges dévolus à la minorité flamande au parlement de Bruxelles-Capitale.
En octobre 2023, il avait qualifié les pogroms du Hamas de « petite réponse » à la politique « génocidaire » d’Israël. Cette déclaration ayant suscité un tollé, il a présenté des excuses en se retranchant derrière un prudent « toute mort est une mort de trop ». Aux municipales, en octobre, la Team Fouad Ahidar a confirmé son succès des législatives en faisant élire des conseillers dans cinq des sept communes bruxelloises où elle était présente. Sans pour autant parvenir à entrer dans une coalition majoritaire.

Moment d’hommage aux victimes des attentats de Paris sur la place communale de Molenbeek. Roger JOB/REPORTERS-REA
Mais cette percée inquiète Aline *. Élue de la commune d’Anderlecht à Bruxelles, elle a assisté ces dernières années à la progression du discours et des revendications communautaristes en politique. La faute selon elle à ceux qui, aux affaires, ont décidé sciemment de composer avec un électorat musulman. « La Team Fouad Ahidar est un cancer pour notre pays,tance la jeune femme. Le problème, ce sont les politiques belges. Ils n’ont toujours pas compris le phénomène d’entrisme qui est à l’œuvre depuis de nombreuses années, notamment grâce à la complicité du Parti socialiste qui, à Bruxelles, a mis en place un système clientéliste. Les ravages sont évidents. Cela s’est fait au prix d’une paupérisation de la société et de dégradation de la sécurité. C’est peut-être trop tard, mais les gens commencent à se réveiller. Ils reviennent du PS, de sa politique d’assistanat et de l’excuse. »
Le système politique belge, fédéral et trilingue – français, néerlandais et allemand – brille par une complexité qui favorise l’entrisme islamiste et le lobbyisme woke. Comme chez nous, les partis de gauche sont les plus touchés. « Nous n’avons pas l’équivalent de votre gauche républicaine », explique Étienne Dujardin, juriste et conseiller municipal du Mouvement réformateur (MR) à Woluwe-Saint-Pierre. Selon cet élu de centre droit, « le Parti socialiste, Écolo, les écologistes belges francophones et le Parti du travail (PTB), d’extrême gauche, sont peu ou prou sur la même ligne que La France insoumise. D’ailleurs, ils ont déposé ensemble au Parlement belge une motion demandant des sanctions contre Israël, motion qui a été adoptée. Ils ont aussi fait des alliances dans trois ou quatre municipalités, à Bruxelles et en région wallonne, ce qui est une première ».
Bruxelles « gangrenée »
Julien * n’a pas de mots assez durs pour qualifier les politiques de gauche en Belgique, qui oscillent entre naïveté et cynisme. Il s’étrangle encore lorsqu’il évoque ce jour de février 2024 où un imam d’origine pakistanaise, invité par le Parti socialiste, a récité pendant trois longues minutes des sourates du Coran du haut du perchoir de l’assemblée du parlement bruxellois. « Ce qui arrive dans ce pays est catastrophique, se lamente ce policier enquêteur de la police criminelle en région wallonne. Chez nous, la presse est muselée par l’islamo-gauchisme grâce à ce que les Frères musulmans pratiquent le mieux : l’entrisme. Ici, ils s’en donnent à cœur joie. Même le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) qui a été dissous en France en raison de sa propagande islamiste a trouvé refuge en Belgique en se rebaptisant Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE). »
Le policier décrit une capitale « gangrenée » : « La police de proximité n’existe plus, les contrôles sont devenus quasi impossibles à mener, résultat ce sont les voyous qui occupent le terrain. Dans certains quartiers, les gens n’osent plus relever le courrier dans leurs boîtes aux lettres car elles sont surveillées par les dealers qui y cachent la drogue. Quant aux politiques, ils ont renoncé ou sont complices. Pendant le ramadan on nous demande de ne pas circuler dans certains quartiers, ceux à forte communauté musulmane, pour ne pas les déranger. Dans la police, des agents essaient, dorénavant, de négocier des temps de prière pendant le service… Voilà où nous en sommes. Je suis grand-père cinq fois et je suis très inquiet pour mes petites-filles et leur avenir en Belgique. »
Principes de neutralité

À Bruxelles, de nombreuses boutiques proposent des tenues islamiques pour petites filles. Nadjet Cherigui
Hanane, elle, regarde la France et sa laïcité avec admiration. Elle considère avec sévérité la Belgique, où elle est née, dont les principes de neutralité sont insuffisants, selon elle, pour protéger la petite fille qu’elle a été de la pression communautaire et de l’intégrisme, et la société en général de l’entrisme religieux. Hanane prévient : son histoire n’est pas celle d’une petite gamine pauvre à faire pleurer dans les chaumières. Son père, d’origine algérienne, est un homme d’affaires prospère. Si elle ne manquait de rien matériellement, humainement, elle manquait de tout, en premier lieu de liberté et de dignité. À la tête d’un lieu de culte, son père est devenu un incontournable de la société bruxelloise.
Au fil du temps Hanane a vu les politiques locaux défiler dans son bureau. Elle se souvient des conversations où son père négociait le vote de la communauté. Jeune fille, elle est déscolarisée, forcée de porter le jilbab et de se plier à une pratique rigoriste de la religion. Son courage force l’admiration : « Je suis sortie de l’islam à l’âge de 14 ans. J’étais cernée de haine et de violence. Dans l’école coranique dirigée par mon père, on parlait de tuer les kouffar, d’islamiser la Belgique. Je ne comprenais pas cela. J’ai quitté cette religion. Il faut comprendre ce que cela veut dire. Il s’agit de se défaire d’une identité pour en reconstruire une autre. C’est ce que j’ai fait. À la majorité, je me suis enfuie de nuit. Je n’ai pas revu ma famille. Ils ont promis de me tuer. Je sais qu’ils en sont capables. Mais je les connais et je sais comment passer sous leurs radars. »
A suivre.




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